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En tant qu’investisseur, vous disposez essentiellement de deux façons de faire des profits avec des actions. La première, c’est de suivre le principe bien connu : acheter à bas prix et vendre à prix élevé. Le deuxième moyen, qui fait l’objet de cet article, c’est d’acheter des actions porteuses de dividendes.

Introduits par la Compagnie néerlandaise des Indes orientales au tout début du 17e siècle, les dividendes jouissent depuis d’un succès retentissant auprès des adeptes de la stratégie d’achat à long terme et valent certainement la peine qu’on s’y intéresse, ou même qu’on devienne expert à leur sujet.

Qu’est-ce qu’un dividende?

Les dividendes, qu’ils soient historiques ou actuels, font l’objet d’une attention toute particulière de la part de nombreux investisseurs lorsque vient le temps de choisir leurs placements.

Ils représentent la part des bénéfices qu’une société verse à ses actionnaires. Puisqu’ils sont un « revenu passif », ils constituent un élément fondamental d’une stratégie de placement à long terme. Les dividendes sont généralement distribués aux actionnaires chaque trimestre, mais leur fréquence varie selon les secteurs.. Leur valeur peut aller de quelques cents à des dizaines de dollars par action.

Lorsque vous touchez vos dividendes, vous pouvez soit encaisser l’argent, soit l’utiliser pour acheter d’autres d’actions de cette société.

C’est le conseil d’administration de l’entreprise qui fixe le montant et la fréquence des paiements de dividendes, mais les actionnaires doivent donner leur accord.

Une réduction – ou, pire, l’interruption – des dividendes peut être une très mauvaise nouvelle pour toutes les parties concernées. Cela indique que la situation financière de la société pourrait être précaire, que ce soit à cause d’une dette de plus en plus importante ou de revenus en baisse, ce qui aurait des répercussions négatives sur le cours de l’action.

Si une entreprise se retrouve dans l’incapacité de verser tous les dividendes dus, les paiements disponibles sont répartis selon une hiérarchie établie. Les créanciers (porteurs d’obligations) passent avant les actionnaires, catégorie où on distingue les actionnaires privilégiés des actionnaires ordinaires, les premiers ayant priorité.

Partout dans le monde, les marchés offrent une grande variété d’actions à dividendes dans une multitude de secteurs : télécommunications, immobilier (sociétés de placement immobilier), soins de santé, services financiers, services publics, biens de consommation de base (p. ex. produits emballés), etc.

Note de l’auteur : Cette section a été modifiée pour éviter d’insinuer que le rendement en dividendes est meilleur dans ces secteurs (c’était peut-être l’origine du commentaire de Christopher?). Je crois tout de même qu’il est utile pour la compréhension des lecteurs de mentionner des exemples de secteurs, donc j’espère que ça convient. 

Pourquoi choisir des actions à dividendes?

En gros, les actions de sociétés qui versent des dividendes sont un peu plus sûres que les titres de croissance. Souvent moins volatiles, elles peuvent aider à diversifier un portefeuille et à réduire le risque. C’est ce qui explique qu’investir dans des actions à dividendes est une stratégie de placement très en vogue auprès des investisseurs plutôt traditionnels ou de ceux qui préfèrent acheter à long terme.

Mis à part les risques de réduction des dividendes (voir plus haut), les paiements de dividendes sont généralement fiables, contrairement au cours d’une action. Et c’est sans oublier les gains en capital, qui sont souvent plus élevés pour les actions à dividendes que pour les autres.

Lorsque vous cherchez des actions à dividendes solides pour votre portefeuille, il est évidemment plus sage de se renseigner sur l’historique des paiements de dividendes des sociétés. Remontez le cours des dix dernières années, ou plus loin encore. Les paiements de dividendes demeurent-ils inchangés ou augmentent-ils année après année? Certains ont-ils été omis, ou leur montant a-t-il été revu à la baisse?

Comment fonctionnent les dividendes?

Pourquoi certaines sociétés versent-elles des dividendes et d’autres non?

Les dividendes sont des quotes-parts qu’une société prélève sur ses bénéfices non distribués et verse à ses actionnaires. Ils prennent souvent la forme de paiements en espèces ou d’actions supplémentaires. Les paiements de dividendes dépendent du nombre d’actions détenues.

Le prix des titres et les paiements de dividendes sont intimement liés, et tout investisseur devrait s’intéresser à la relation qui les unit.

Par exemple, si le cours d’une action augmente, ses dividendes, qui demeurent inchangés (du moins pour l’instant), constitueront une portion moins élevée de votre placement total.

De généreux dividendes ne reflètent pas forcément l’ensemble de la situation. Une stratégie de placement qui ne tient compte que du montant élevé des dividendes pourrait être risquée. Pensez-y : une entreprise dont le rendement en dividendes monte en flèche pourrait avoir vu le cours de son action dégringoler et s’avérer incapable de verser ses dividendes à l’avenir.

Beaucoup d’investisseurs débutants se posent la question : pourquoi les entreprises en démarrage et celles de secteurs à très forte croissance, comme les technologies, n’offrent-elles pas de dividendes? C’est qu’elles ont plutôt tendance à réinvestir leurs bénéfices pour alimenter leur croissance.

Qu’est-ce que le rendement en dividendes et comment est-il calculé?

Le rendement en dividendes, exprimé sous forme de pourcentage, est le rendement du capital investi (RCI) que l’on prévoit recevoir en dividendes annuellement. Pour l’obtenir, on divise le dividende annuel par le cours actuel de l’action. Par exemple :

Une action d’ABC coûte 100 $ et rapporte 10 $ en dividendes chaque année. Son rendement en dividendes, ou RCI des dividendes, est donc de 10 %.   

Le rendement en dividendes change constamment, puisqu’il est basé sur le cours actuel de l’action. Si le prix d’une action d’ABC monte à 110 $, le rendement en dividendes descendra à près de 9 %. Bien sûr, le contraire est aussi vrai : une baisse du cours de l’action signifie un rendement plus élevé. Les deux valeurs varient donc inversement.

Qu’est-ce que le ratio dividendes/bénéfice et comment est-il calculé?

Le ratio dividendes/bénéfice (ou ratio de distribution), que l’on indique sous forme de pourcentage, révèle aux investisseurs le montant d’argent qu’une entreprise verse à ses actionnaires et celui qu’elle conserve pour accomplir ses divers objectifs opérationnels. C’est le revenu net de la société qui est utilisé pour ce calcul.

Par exemple, une entreprise au revenu net de 100 millions de dollars qui verse à ses actionnaires 15 millions de dollars a un ratio dividendes/bénéfice de 15 %.

Ce ratio varie énormément et il n’est pas recommandé de prendre une décision de placement en ne se basant que sur sa valeur. De fait, il pourrait se révéler carrément trompeur.

Pourquoi certaines sociétés versent-elles des dividendes?

En bref, les sociétés utilisent les dividendes à la fois pour attirer et pour conserver des investisseurs. Ce faisant, elles espèrent stimuler la croissance globale de leur titre, entraînant ainsi une hausse du cours de l’action.

Mais alors, pourquoi toutes les sociétés ne font-elles pas de même? Cela dépend de la trajectoire de croissance de chaque entreprise aux différentes étapes de son cycle de vie. Pour une très grande société ayant atteint sa « maturité », les occasions de croissance sont plus rares et il peut être intéressant de pallier l’absence d’augmentation significative du cours de l’action avec des dividendes. De cette façon, elle stabilise la valeur de son titre. D’un autre côté, des entreprises plus petites, en pleine croissance, n’ont pas besoin de recourir aux dividendes pour attirer les investisseurs, puisqu’elles misent sur l’appréciation de leur action pour générer des revenus.

Quelle est la différence entre les dividendes en espèces et les dividendes exceptionnels? 

Les dividendes en espèces sont de loin la forme la plus courante, mais non la seule. Voici les principaux types de paiements de dividendes :

  • Les dividendes en espèces sont versés aux actionnaires en argent – sous forme de chèque ou de paiement électronique – à partir des bénéfices non distribués de la société.

  • Les dividendes en actions sont des actions ordinaires émises par la société pour être offertes aux actionnaires ordinaires. Leur valeur est basée sur la juste valeur marchande des titres au moment de l’émission. Soit dit en passant, la façon dont une entreprise choisit de payer ses actionnaires (en espèces ou en actions) n’a aucun effet sur la valeur de cette dernière.

  • Les dividendes exceptionnels, parfois aussi appelés « dividendes supplémentaires », sont distribués à l’occasion aux actionnaires et leur montant dépasse souvent celui d’un paiement de dividendes ordinaire. Certains événements particuliers comme l’enregistrement d’un très large bénéfice ou la vente d’une filiale de l’entreprise peuvent être à l’origine de tels dividendes.

  • Parmi les autres types, on retrouve les dividendes en biens, une forme non monétaire de dividendes fondée sur les actifs de l’entreprise; les dividendes récupérables, qui fonctionnent presque comme des billets à ordre s’engageant à payer les actionnaires plus tard; ainsi que les dividendes de liquidation, une pratique courante dans les cas de fermeture d’entreprise.

Quand les entreprises versent-elles les dividendes?

Le paiement des dividendes est une affaire sérieuse pour une entreprise et sa direction. Afin d’assurer le respect des principes de transparence et de responsabilité financière et d’offrir la valeur optimale à ses actionnaires, elle suit un processus établi, dont voici les dates les plus importantes :

Processus relatif aux dividendes – Quatre dates clés

Date de déclaration

C’est la journée où le conseil d’administration fait part de son intention de verser des dividendes. Des semaines, voire des mois de travail précèdent cette annonce.

Date d’enregistrement

À cette date, l’entreprise peut savoir quels actionnaires seront admissibles au versement de dividendes.

Date ex-dividende

Si une transaction de titres n’est pas conclue avant la date ex-dividende, c’est le vendeur des actions – et non l’acheteur – qui reçoit le dividende. Pour en savoir plus, consultez la section « Depuis combien de temps devez-vous détenir des actions pour toucher des dividendes? », plus bas.

Date de versement/de paiement

C’est à cette date que la société distribue les dividendes à ses actionnaires.

Depuis combien de temps devez-vous détenir des actions pour toucher des dividendes?

Examinons plus en détail la date ex-dividende, que certains investisseurs peu familiers avec les dividendes tendent parfois à confondre avec la date d’enregistrement.

Comme nous l’avons mentionné, une société fixe la date d’enregistrement à laquelle les investisseurs doivent figurer dans les registres pour percevoir des dividendes. La date ex-dividende précède généralement la date d’enregistrement de deux jours ouvrables. Si vous achetez des actions au moins un jour avant la date ex-dividende, vous pourrez encaisser des dividendes.

Par contre, si vous faites l’acquisition de titres à la date ex-dividende ou plus tard, vous ne recevrez que les actions de la société (c’est-à-dire ex[cluant les] dividendes). Cela signifie que dans le cadre d’un achat de titres effectué cette journée-là, c’est le vendeur qui a droit au prochain paiement de dividendes.

À quelle fréquence les dividendes sont-ils versés?

La plupart des actionnaires reçoivent les paiements de dividendes quatre fois par année, chaque trimestre. Une minorité de sociétés optent pour des versements mensuels, semestriels ou annuels.

Les indicateurs importants liés aux placements à dividendes

Même s’il a été question plus haut du rendement en dividendes et du ratio dividendes/bénéfice, nous les avons inclus dans cette liste plus exhaustive des indicateurs qui permettent d’évaluer la viabilité d’une action à dividendes dans votre portefeuille.

Rendement en dividendes

Le rendement vous offre un aperçu du montant des dividendes que vous devriez toucher en un an. Par exemple, si vous achetez pour 2 000 $ d’actions d’une entreprise dont le rendement en dividendes est de 10 %, vous pouvez vous attendre à recevoir un total de 200 $ au cours de l’année, quoique cela ne soit pas garanti.

Ratio dividendes/bénéfice

Ce pourcentage vous révèle quelle proportion des revenus d’une entreprise est distribuée aux actionnaires. Ainsi, une société qui reçoit 10 $ par action et paie des dividendes annuels de 5 $ a un ratio dividendes/bénéfice de 50 %.

Croissance des dividendes

La croissance des dividendes s’observe dans l’historique des dividendes d’une entreprise. Vous pourrez constater si celle-ci a l’habitude de majorer les paiements des dividendes (un bon signe) ou, au contraire, s’il lui arrive de ne pas les verser. Il ne faut cependant pas oublier, comme on l’a déjà mentionné, que le passé n’est pas toujours garant de l’avenir, mais c’est un bon début.

Bêta

Cet indicateur mesure la volatilité d’une action par rapport à un point de référence, par exemple l’indice composé S&P/TSX. Une valeur de « 1 » signifie que la volatilité de l’action correspond à celle du marché. Toute valeur inférieure à « 1 » démontre une volatilité plus faible, alors qu’une valeur supérieure positionne la volatilité du titre au-dessus de la moyenne du marché.

Flux de trésorerie disponible

Un investisseur s’intéressant de plus près aux actions à dividendes d’une société ne s’arrêtera pas au ratio dividendes/bénéfices; il voudra connaître le flux de trésorerie disponible. Cet indicateur montre le montant des entrées d’argent générées par les opérations, auquel on soustrait les dépenses en immobilisation, révélant ainsi un possible indice sur la capacité de l’entreprise à payer ses dividendes.

Ratio capitaux d’emprunts/capitaux propres

Les entreprises empruntent pour toutes sortes de raisons – expansion des activités, rachat d’actions en circulation, etc. Le problème, c’est que les sociétés particulièrement endettées sont plus à risque en cas de perturbations économiques. Pour surmonter une situation financière difficile, elles pourraient alors réduire les versements de dividendes. Le ratio capitaux d’emprunt/capitaux propres se calcule en divisant le total des passifs d’une entreprise par les capitaux propres des actionnaires, deux données qui se trouvent facilement dans les états financiers d’une entreprise.

À quoi ressemble un bon ratio capitaux d’emprunt/capitaux propres? Cela varie selon les secteurs, mais une valeur se situant entre « 1 » et « 2 » est généralement considérée comme acceptable.

Qu’est-ce qu’un régime de réinvestissement des dividendes (RRD) et un régime d’achat de dividendes?

Ces deux régimes ont été spécialement conçus pour aider les investisseurs à optimiser les rendements composés des actions à dividendes.

Pour savoir si vous êtes admissible à ces programmes ou pour y adhérer, appelez-nous au 1-888-872-3388. Vous pouvez aussi vous connecter sur scotiaitrade.com et cliquer sur le bouton dans le haut de la page pour communiquer avec nous, en sélectionnant ensuite l’option de message sécurisé.

Veuillez noter que ces deux programmes ne rachètent que des actions entières; le montant des dividendes touchés doit donc être suffisant pour en acheter au moins une.

Pour être admissible, vous devez adhérer au régime au moins deux semaines avant la date de distribution des dividendes. 

Les dividendes d’actions inscrites au RRD ou au régime d’achat de dividendes seront automatiquement utilisés par votre firme de courtage pour acheter d’autres titres de la même société. Si leur valeur est inférieure à celle d’une action, ils seront redéposés dans le compte où se trouvent les titres. Puisqu’ils sont basés sur la capitalisation, le RRD et le régime d’achat de dividendes sont parfaits pour les gens qui souhaitent faire des placements à long terme axés sur les revenus.

Quels sont les avantages du RRD et du régime d’achat de dividendes?

  • Le processus de réinvestissement est complètement automatisé; vous n’aurez pas à vous en soucier – à moins que cela vous intéresse!

  • Les frais de commission sont faibles, voire inexistants, pour les transactions négociées par le système du RRD ou du régime d’achat de dividendes.

  • Vous profitez de la méthode de la moyenne d’achat, une stratégie qui consiste à placer des montants identiques à intervalles réguliers dans le but de réduire les effets de la volatilité des cours sur l’achat total des titres.

  • L’adhésion à ces deux régimes est simple, facile et rapide. 

Il convient de signaler que les placements à dividendes pourraient avoir pour désavantage de causer une surpondération, c’est-à-dire qu’un portefeuille pourrait devenir moins diversifié et plus sensible au risque d’un placement en particulier.

Conclusion : cinq raisons de penser aux actions à dividendes

Les actions à dividendes peuvent jouer un rôle important dans plusieurs portefeuilles de placements. Comme toujours, informez-vous et prenez en compte votre niveau d’implication dans les décisions de placement, votre tolérance au risque, vos attentes concernant le rendement en dividendes, etc.

  • Les rendements en dividendes sont normalement plus stables que les cours des actions et les revenus qu’on en tire.

  • Source intéressante de revenu passif, les dividendes sont une option avantageuse pour les investisseurs cherchant des placements à long terme axés sur les revenus.

  • Les sociétés qui versent des dividendes sont traditionnellement plus stables que les autres. 

  • Les actions à dividendes offrent aux investisseurs deux façons de faire du profit : les paiements de dividendes et l’augmentation du cours de l’action.

  • En plus, en inscrivant vos actions ou en négociant des fonds dans un régime de réinvestissement des dividendes ou un régime d’achat de dividendes avec Scotia iTRADE, vous pourriez profiter de la méthode de la moyenne d’achat et ne payer aucune commission à l’achat de vos titres.